Un barreau à l’image du pays. Une élection du Conseil et du bâtonnier controversée. Affaires de malversations de l’équipe sortante. Nécessité de toilettage interne.

Le récent conseil de l’Ordre des avocats camerounais tenu du 08 au 09 novembre 2008 aura dévoilé la gestion douteuse et les querelles internes de l’Ordre des avocats camerounais. A priori, on est en droit d’envisager le Barreau comme une institution épargnée des troubles et pratiques tordues caractéristiques d’une nation en pleine débandade. On n’est pas loin du scandale lorsque se dévoilent les mécanismes pas très clairs qui rythment le quotidien de l’Ordre.

Gestion calamiteuse du patrimoine.

Bien qu’aucun audit n’ait été jusqu’ici commandité pour expertiser la gestion financière et patrimoniale de l’Ordre sous Me Tchoungang, des avis concordants au sein du Conseil font état d’une administration douteuse des biens de l’Ordre. On cite, au besoin, l’affaire du terrain litigieux de l’Ordre, un examen d’accès au barreau très critiqué et la question de la défense des émeutiers de février 2008. La « rainbow team » de Me Tchoungang souffre donc d’un bilan contesté, ce qui ouvre logiquement la voie à une guerre des réseaux au sein du Barreau.

Guerre des réseaux

La « rainbow team » et la « Team for change », tels seraient donc les deux « partis » déclarés au sein du Conseil de l’Ordre. Cette bipolarisation de l’Ordre est génitrice de clans vigoureusement opposés. L’image d’un Charles Tchoungang boycottant l’élection de Me Eta-Bessong Junior donne une idée de la radicalité de la fracture existant entre les deux camps.

            Les élections du nouveau bâtonnier se sont déroulées sous haute tension, dans un climat de frustration générale accentuée par le désistement fougueux du Bâtonnier sortant. Selon Me Eta-Bessong, le incumbent president of the Cameroon Bar, il n’y a pas à craindre l’apparition de factions dissidentes au sein de l’Ordre. Pourtant, la « rainbow team » n’a pas certainement dit son dernier mot. De l’insubordination au sein d’un barreau déjà gangrené par la corruption ne viendra surprendre personne. L’atmosphère de chaos y régnant reflète tout simplement la manière camerounaise de gérer les affaires publiques. Un grand besoin de réorganisation et de toilettage de l’Ordre devient urgent.

Rigueur, moralisation et cohérence interne

Excusez que nous reprenions un slogan cher au président de

la République

(c’est drôle, ce qu’il l’a laissé aux oubliettes !). Nous croyons que le désordre et la gestion approximative du Barreau du Cameroun n’est pas une impasse. Un bâtonnier charismatique et moralement irréprochable capable de répandre un parfum d’intégrité morale au sein de tout l’Ordre et une cohérence dans les prises de décisions s’avèrent urgente pour transformer le Barreau camerounais et en faire une institution susceptible de faire exception et d’inspirer le reste de la société.

                     Please, just believe it. Justice as the backbone of equality in a country can take off towards moral integrity and consciousness of the necessity of fair justice in the society. Please, just believe it is possible.

     To God belongs justice.